Le projet

Un projet qui me dépasse !

Je suis dépassée par ce projet depuis le début. Il continue de m’étonner. Il m’a dépassée à partir de la première seconde où j’en ai parlé :

Lorsque j’ai dit le premier mot de cette idée folle à Ida Pavese (chef de service d’onco hématologie). Celle-ci a instantanément trouvé ça génial. Elle m’a encouragée et y a cru bien avant moi. Elle y voyait un support très intéressant pour la fédération de l’équipe. J’ai compris que je n’y échapperai probablement pas quand, après avoir évoqué diverses contraintes techniques et difficultés organisationnelles, elle identifiait toujours les solutions…

Lorsque Besma M’Barek (chef de pôle d’onco hématologie) et Jean Claude Bordy (cadre de pôle) à qui j’en ai parlé ensuite ont également été emballés par cette idée qu’ils ont de suite perçu comme un beau projet de service à accompagner. Au fond de moi, je crois que j’ai été surprise que l’on accorde de l’attention à ce projet un peu « fou » en raison de son originalité d’une part, et du fait que je n’avais jamais réalisé une telle chose, ni filmé, ni vraiment fait de film… Je n’avais pas réfléchi, j’avais dit ce qui me passait par la tête, tout le monde le prenait au sérieux… A un moment, j’ai eu un peu peur de tout cet inconnu qui me propulsait en avant, mais l’aventure semblait si belle !

Lorsque l’équipe soignante, qui ne s’est pas jetée sur la caméra au début, a rapidement joué le jeu, me proposant des photos de moments de vie particuliers dans le service, ou me donnant des idées : elle m’a donné envie de continuer.

Lorsque je me suis retrouvée en formation au montage vidéo, face à des réalités techniques bien éloignées de ma formation initiale, dans un rythme soutenu pendant quatre semaines, avec des personnes déjà bien familiarisées au montage…

Lorsque j’ai compris que c’est le film qui me menait, et que je ne décidais pas exactement avec ma volonté propre des plans à intégrer. Certains moments filmés qui me semblaient extraordinaires et indispensables au film, ne s’intégraient pas au scénario prévu pour que le document réponde aux objectifs définis ; je devais y renoncer, et trouver des plans différents. Cela m’a permis d’accorder de l’attention à d’autres propos ou moments captés qui s’avèrent précieux dans le film.

Lorsque j’ai compris que pour visualiser le film tous ensemble, il allait falloir organiser une projection, imaginer les conditions du débat, faire venir des comédiens pour animer et approfondir la réflexion, trouver des financements dédiés à la soirée…

Lorsqu’à l’issue de la projection en équipe, mes collègues qui étaient si heureux et émus, ont demandé de le diffuser plus largement, aux autres équipes de l’hôpital, à la direction…

Lorsque les directions, l’encadrement, les responsables des pôles santé et d’associations, soignants… ont exprimé leur émotion à l’issue de la projection qui leur était dédiée, lorsqu’ils ont dit combien le film ramenait à l’essence du soin, qu’il « faisait du bien », « donnait le moral », que « les gens étaient beaux »…

Bref. Il n’y a pas de retours sur ce document qui pouvaient me rendre plus heureuse que le fait de partager un « univers de Beauté » qui est pour moi l’essence de la vie. Nous en avons besoin pour avancer ensemble. C’est ce qui nous donne envie, et est indispensable pour réaliser de belles choses, utiles pour les autres.

Je suis très heureuse aussi que ce projet me dépasse, nous dépasse, et curieuse de voir ce qu’il peut encore nous amener.

A l’origine du projet

Le film « j’aime soigner » a vu le jour pour répondre aux inévitables crises traversées par l’équipe, comme dans tout service, pour montrer à l’équipe ce qu’elle continue de bien faire « même quand tout va mal », ou tout simplement lorsque les difficultés s’accumulent.

J’ai eu envie de porter à l’image ces attentions bienveillantes que j’observe depuis longtemps, ces regards sensibles portés sur les patients, ces valeurs humaines qui soutendent les regards de l’équipe, et ce que je les vois faire avec soin. Il s’agissait de le partager, et de croiser nos regards.

Le but était aussi dans cette démarche d’entretiens filmés, d’aller au delà des évidences et de ce que chacun sait déjà sur lui même et sur les autres.

Évidemment, il m’a semblé naturel d’intégrer des bonus à ce film, un petit bêtisier/making of, plus « léger », pour rire aussi. Une sorte d’équivalent du projet photo exposé dans le couloir du service, mais « en vidéo », laissant place à l’imaginaire individuel et collectif, si créatif, si nourrissant, si essentiel.

Les thèmes traités dans le film

Le film montre ce que chacun aime faire et comment il aime bien le faire.

Au delà des valeurs qui soutendent leur travail, les professionnels y abordent également la confrontation inévitable à des conflits de valeurs, leurs limites et ressources.

Ce document raconte de belles histoires de professionnels, qui font du bien à entendre.

Il présente des regards croisés d’aides soignantes, agents, infirmières et médecins, mais aussi de patients qui ont reçu ces attentions.

Il encourage à prendre soin des patients et proches bien sur, mais surtout, des professionnels. Il incite à ce que chaque professionnel porte un regard bienveillant sur ses collègues, également porteurs de valeurs humaines…

Les 3 projections du film au GHI Montfermeil

1. Le film a été projeté au sein de l’équipe d’oncologie le 15 décembre 2016 lors d’une soirée dédiée au service d’oncologie.

A l’issue de la projection, les professionnels du service ont souhaité diffuser ce document plus largement.

2. Une projection dédiée aux directions des soins, des ressources humaines, direction générale, mais aussi, aux cadres, responsables des pôles santés de mairies avoisinantes, et d’associations partenaires…, a eu lieu le mardi 28 février.

L’échange qui a suivi fut l’occasion de reconnaître la qualité des témoignages des soignants, ainsi que les valeurs qui soutendent leur travail. Les participants ont été touchés par l’authenticité des professionnels. Les personnes en charge du management y ont vu un outil au service de la qualité de vie au travail. En effet l‘outil « vidéo » est particulièrement adapté pour capter les motivations et les partager. Réalisé dans cette perspective, il offre une possibilité rare de communiquer sur le cœur de métier de chacun et sur l’humanité qui nous porte et que nous partageons, valorisant ainsi le travail de chacun.

3. Une autre projection du film dédiée à l’ensemble des personnels soignants de l’hôpital a eu le jeudi 16 mars à 12h30 car, bien que tourné en service d’oncologie, les propos recueillis concernent les équipe soignantes de toute spécialité. Ce fut l’occasion d’un débat inscrit dans le cadre des sessions « un jour, un thème, une heure » animées par les psychologues du personnel. Le débat a porté sur les valeurs, limites et ressources dans le soin.

La galerie affiches